La nouvelle génération SUP: LOU BOUVET
18
sept..2018

La nouvelle génération SUP: LOU BOUVET

Vous lisez ses aventures depuis des années au fil des pages de Standup Journal mais qui est véritablement Lou Bouvet ? Comme beaucoup d’enfants de Maui, Lou est entrée en contact avec l’océan dès son plus jeune âge. Mais dans son cas, l’expérience liée au Stand Up Paddle a en fait commencé avant même sa naissance. Dans la maison de Lou, sur la côte Nord de Maui, une photo datant d’août 2005 trône sur le frigo : Carine Bouvet, alors enceinte de huit mois de la petite Lou, est assise sur la première planche familiale de Stand Up Paddle, un prototype Bic de 3m35. Dans le ventre de sa mère, Lou n’est alors qu’à un mois d’une énorme aventure qui ne semble toujours pas perdre de vitesse pour cette pratiquante du paddle désormais âgée de 11 ans. Et oui, Lou Bouvet a bien le même âge que le Stand Up Paddle lui-même.

Lou Bouvet a très vite grandi ! En fait, on pourrait la qualifier de « vieille âme ». C’est sans doute le fruit de son enfance aventureuse à globetrotter avec ses parents qui l’ont emmenée dans les endroits les plus reculés du monde pendant de longues périodes. Malgré tout, cette enfance exotique a presque fini avant même de commencer. Lors de la conception de Lou, ses parents, Carine et Manu, voyageaient de par le monde, cinq à six mois par an et produisaient des films relatant leurs voyages loin des sentiers battus comme le Sultanat d’Oman, l’Archipel des Chagos, Zanzibar, l’Inde ou le Sri Lanka. Ils ne logeaient pas dans les hôtels tout-compris dans les centres de planche à voile, mais faisaient plutôt du camping sauvage sur les plages ou louaient sur place des bateaux sur lesquels ils vivaient. Beaucoup des amis du couple français attendaient d’eux de mettre leur style de vie bohémien entre parenthèses à la naissance du bébé. « Je suppose que les gens attendaient de nous de rester à la maison et de regarder Discovery Channel à la place », rit Carine.

Mais il y avait trop d’aventures qui restaient à vivre pour les parents de Lou pour ne pas tenter le coup et voir s’ils arriveraient à changer une couche dans une tente, un avion ou un bateau. « Finalement, nous avons compris qu’une couche ne devait pas être changée si souvent », ajoute Manu, le père de Lou sur le ton de la boutade. Aujourd’hui, à l’âge de 11 ans, Lou aussi a appris à changer la couche de sa petite sœur Shadé un peu partout.

 

 

Lou suit sa scolarité en France, aux Îles Marshall, au Chili, dans les Caraïbes et à Tahiti pendant que ses parents sont occupés à réaliser des images et des longs-métrages sur les voyages autour des sports aquatiques. Lou a toujours vu le monde par ses propres yeux et a même un rôle décisif dans les aventures familiales qui ont pour but de sensibiliser le grand public aux défis environnementaux par le biais de leurs planches de SUP.

Depuis ce fameux jour de 2005 où, dans le ventre de sa mère, Lou a pris une vague sur sa planche, le SUP a toujours été la clé de voûte des aventures familiales. Pour cette famille, le SUP est tombé à pic pour continuer leur quête de vagues et pour partager leur amour des océans et leur envie de les protéger. Il n’y a pas meilleur moyen de profiter ensemble de la mer que sur une planche de SUP. Plutôt que de se promener en famille, la « ohana » Bouvet (famille en hawaïen) est plus souvent observée sur une planche que « marchant » sur les eaux. C’est ainsi que Lou a fait l’expérience du SUP pour la première fois : sur le dos de Manu, bien installée dans un sac à dos. Mais très vite assez âgée pour s’asseoir sur la planche avec Manu et Carine, elle a fini par faire du paddle toute seule.

 

 

Une vie solidaire pour seul but

En grandissant, Lou a su profiter des océans du monde - sur sa planche de surf, de SUP ou de planche à voile – et elle a commencé à en prendre soin en faisant, à sa propre initiative, des raids de nettoyage de plage. Maman Carine observe : « Lou fait partie de cette génération d’enfants qui prend très tôt conscience de la fragilité de nos océans parce qu’elle y est confrontée quotidiennement ». La relation que Lou a construite avec son environnement préféré tient autant de ce qu’elle lui donne que de ce qu’elle en tire. En grandissant elle a entendu ses parents tenir des séminaires sur la préservation des océans partout dans le monde. Aujourd’hui, Lou est la jeune ambassadrice de la fondation « La Course pour l’Eau » qui travaille à la protection de l’eau (raceforwater.com) et pour Raw Elements USA, une crème solaire biodégradable, protectrice de l’environnement et des récifs. (Elle a demandé à ses parents de contacter la marque de sa part après avoir entendu dire que la plupart des écrans solaires endommageaient les récifs et la vie marine.) En cours de route, Lou se fait également sponsoriser par BIC Sport, NP, Maui Fin Co., Pakaloha Bikinis et Honey Girl Organics.

 

« Sois prudente avec tes vœux », Carine et Manu ont toujours voulu que leur fille se sente bien dans les océans et les protège. Ils ont espéré qu’elle s’intéresse au sport qu’ils aiment tant. Et leur vœu s’est exaucé – et bien plus encore ! Tout ce qu’ils entendent désormais ressemble à « emmène-moi surfer juste après l’école, s’il te plait ! » ou « quand est-ce qu’on repart à l’aventure ? », sans oublier bien sûr « ne gaspille pas tant d’eau, elle est précieuse ».

 

Il n’y a pas d’avenir pour le SUP si les océans se meurent et aux yeux de Lou il n’y a pas de monde aquatique heureux sans un avenir solidaire. Mais la bonne nouvelle est que Lou et ses amis pré-adolescents prendront bientôt la relève – et ils sont bien meilleurs dans ce domaine que leurs parents. La dernière fois que nous avons parlé à Lou, elle nous a confié quelques conseils pour des familles et leurs jeunes paddlers :

SuJ:Depuis combien de temps fais-tu du SUP ?
Lou:J’étais sur un SUP avant même de savoir marcher. Je ne me souviens pas de ma première fois toute seule, mais j’emmène maintenant quelquefois ma petite sœur en promenade si elle est gentille avec moi :) … si bien que bientôt elle pourra en faire toute seule.
SuJ: Qu’est-ce que tu aimes et qu’est-ce que tu n’aimes pas dans le SUP ?
Lou: Ce que je n’aimais pas au début, c’était que je trouvais ça un peu frustrant parce que je n’avais pas de planche ou SUP qui correspondait à ma taille et ma force. Elles sont soit trop grandes, soit trop lourdes si bien qu’elles me semblaient trop difficiles – surtout quand je parcourais de longues distances avec mes parents. Mais à l’âge de 6 ans, j’ai reçu une planche de 1,98 m qui me permettait de faire du paddle plus facilement. Et c’est ainsi que j’ai attrapé mes premières vagues. Mon père m’a aussi confectionné une planche à ma taille et c’était beaucoup plus facile.

Photo credits Pierre Bouras & Franck Berthout / Standup Journal