Le TOUGH-TEC, un an après...
26
avril.2018

Le TOUGH-TEC, un an après...

La parole aux professionnels

Lancée sur le marché en 2017, la technologie TOUGH TEC qui associe un noyau en mousse polystyrène et une enveloppe polyéthylène, a opéré une petite révolution sur le marché du windsurf et du Stand Up Paddle en prenant la succession du célèbre DURA-TEC (en mousse polyuréthane). Ce procédé a contribué à forger la réputation de BIC SPORT depuis plusieurs décennies dans les écoles et les clubs de voile. Pour mieux comprendre les bénéfices et progrès de cette nouvelle construction pour des planches principalement destinées aux écoles et aux centres de location, quoi de mieux que de donner la parole aux professionnels qui les utilisent presque quotidiennement depuis plus d’un an.

 

Portrait de Benjamin Bailly Moniteur Windsurf et Voile

Benjamin Bailly

Moniteur Windsurf et voile
Centre Nautique de Fouesnant Cornouaille

 

Bonjour Benjamin, tu nous accueilles ici au Cap Coz dans lequel tu travailles depuis longtemps. Combien de stagiaires/élèves accueillez-vous par an ? Quels sont les profils que vous encadrez ?
Je travaille pour le CNFC comme moniteur de voile depuis 18 ans et j’encadre aujourd’hui majoritairement le windsurf. Le centre comprend une dizaine de salariés à l’année et une trentaine de saisonniers l’été. On accueille environ 250 élèves par jour en saison sur la partie école de voile. Nous avons différents types d’élèves comme des sportifs qui s’entrainent toute l’année, des groupes scolaires que l’on a généralement avant ou après l’été et bien sûr de très nombreux stagiaires qui viennent nous voir l’été pour apprendre le windsurf.

Je vois parmi votre parc de matériel, des flotteurs BIC Beach en construction TOUGH TEC. A quand remonte cet investissement ?
Tout à fait, juste avant l’été dernier, nous avons fait l’acquisition d’un ensemble de 8 flotteurs BIC Beach 185L ainsi que 2 modèles 225 L pour les gabarits plus lourds car on s’est rendu compte à l’usage qu’au-delà de 80kg, il fallait passer sur des planches plus volumineuses (pour de l’initiation).

Après une saison complète d’utilisation, quel est ton regard objectif sur la robustesse et durabilité de ce type de planches ?
Après plusieurs flottes de planches fabriquées en fibre de verre, nous souhaitions revenir vers des planches en construction polyéthylène et nous nous sommes orientés vers ce modèle de chez BIC. Ce qu’on peut remarquer en premier lieu, c’est qu’après une année d’utilisation intense, elles n’ont pas d’enfoncements visibles sur le pont ou la carène. On ne voit pas ‘’l’effet balle de golf’’ que l’on constate sur d’autres planches. De plus pour l’instant, on a eu absolument aucun souci d’accrochage et de petits ‘’pets’’ au niveau des carènes et ça c’est vraiment très appréciable. C’est un gain de temps énorme pour nous de ne pas avoir de réparations à faire. Nous travaillons sur une plage avec quelques cailloux et les planches sont vraiment malmenées lorsque les élèves les posent un peu trop fort au sol. Dans notre parc, nous avons d’autres modèles de planches qui sont très abîmées. Il faut sans cesse être vigilent et bien choisir son matos pour rester serein.

 

 

On a eu absolument aucun souci d’accrochage et de petits ‘’pets’’ au niveau des carènes et ça c’est vraiment très appréciable

Benjamin Bailly

 

As-tu un élément de comparaison par rapport à d’autres constructions en thermoformé polyéthylène ?
Nous avons eu des modèles polyéthylène par le passé, c’était une autre construction avec de la mousse Polyuréthane, il me semble. Je me rappelle qu’elles se marquaient d’avantage aux chocs avec des enfoncements. Elles étaient plus lourdes aussi.

Quels sont les autres éléments que tu apprécies dans ces modèles Beach ?
Nous utilisons beaucoup les Beach 185L pour une grande partie de nos élèves et ce que j’aime, c’est qu’elles reprennent exactement le shape de la Techno 293 de la même marque. C’est un autre modèle que nous avons également au centre depuis quelques années et que nous destinons pour des élèves d’un niveau plus avancé. Certains de nos compétiteurs en D2 utilisent ces modèles en régate. Je trouve ça vraiment positif d’avoir ce design dont l’efficacité n’est plus à démontrer. On a eu pendant un moment la mode des planches très larges et courtes dérivées de la Formula et au final ce n’était pas si efficace surtout pour des jeunes qui n’ont pas de réel problème de stabilité latérale justifiant ces dessins ultra larges. Les formes plus classiques des Beach 185 ou Techno 293 sont un bien meilleur compromis en terme de glisse surtout dans les vents faibles. Un autre point que j’ai trouvé intéressant sur ces planches, c’est l’aileron arrière. Il a une forme un peu moins profonde mais plus large que la plupart des modèles que l’on rencontre ce qui permet de rentrer plus sereinement au bord sans accrocher. En initiation, c’est vraiment un excellent choix et je n’ai pas eu de problèmes d’arrachement pour l’instant.

Quels sont les reproches que tu ferais à ce type de modèle ?
Il y a sans doute des petites choses qui pourraient être améliorées. Les pads sont assez fins et plus ou moins fragiles sur un usage prolongé, je pense que cela peut être corrigé. La dérive centrale est très facile à enclencher et manipuler mais révèle parfois un peu trop de jeu, elle mériterait d’avoir un peu plus de tenue avec sans doute un système de 2 patins en caoutchouc. On pourrait aussi envisager d’élargir la gamme avec d’autres décos et des couleurs différentes pour changer du blanc.

A quel type d’utilisateurs s’adresse la Beach selon toi ?
C’est une très bonne planche école qui s’adresse donc majoritairement aux Clubs nautiques et/ou points de location mais certains utilisateurs particuliers peuvent être séduits par ce modèle. Je pense par exemple à des familles qui ont une maison de vacances près de la mer et qui laisseront la planche dans un coin du jardin pour que chacun s’en serve, sans crainte de l’abîmer !

 

 

Nous utilisons beaucoup les Beach 185L pour une grande partie de nos élèves et ce que j’aime, c’est qu’elles reprennent exactement le shape de la Techno 293

Benjamin Bailly

 

 

Bonjour Hervé, le Stand Up Paddle occupe une place de plus en plus importante au sein de votre structure, combien de planches avez-vous actuellement ?
Nous avons un centre à La Flotte sur mer et une base nautique sur la plage de Rivedoux, qui fait beaucoup de location de paddle mais aussi de l’initiation. En fonctionnement, le matin on fait des petits cours ou des séances de découverte de une ou deux heures et la location est bien entendu ouverte aux clients sur l’ensemble de la journée. Nous avons investi au printemps 2017 dans une flotte de 10 planches BIC SUP modèle Cross 10’, 2 d’entre elles sont en construction ACE TEC et les 8 autres sont fabriquées en TOUGH TEC.

Après une année d’utilisation -intensive j’imagine !- quel est votre regard sur ce dernier type de planches justement ?
Pour tout dire, nous en sommes vraiment satisfaits ! La première chose que je remarque c’est qu’elles vieillissent très bien. Je trouve qu’elles conservent bien leurs couleurs et leur ‘’éclat blanc’’, elles semblent beaucoup moins souffrir du soleil que d’autres planches que nous avons eu les années précédentes. Le parc de planches a passé tout l’hiver stocké dehors et les planches sont blanches comme le jour où on les a reçues. Le ‘’look’’ général de la planche n’a presque pas bougé, et c’est forcément un très bon point pour nous. Je suis également agréablement surpris par la tenue des pads qui d’habitude se déchirent et se décollent avec le temps et la chaleur. Certes, ces modèles sont un peu plus lourds que les constructions sandwich ou autres, mais sur du paddle d’initiation et de location, le poids n’est pas un facteur si déterminant. On a seulement 1.5 kg de plus que le modèle équivalent en ACE TEC. Les débutants ne sentent vraiment pas la différence. Ce qui compte à mon sens, c’est que les planches gardent un aspect propre, sans réparations et aient l’air quasi-neuf pour rester attractives.

Avez-vous fait d’autres observations sur ces planches Tough Tec ?
Je trouve également que les planches souffrent moins des chocs et des déformations, c’est une évidence. Pour l’instant, après une saison pleine, on ne déplore aucun enfoncement créé par les utilisateurs. En termes d’entretien et de réparation, c’est super intéressant ! Avant d’avoir cette flotte de planches, nous avions investi il y a 3 ans dans plusieurs modèles d’une autre grosse marque distribuée dans le secteur et elles ont très vite vieilli.

 

 

On souhaitait avoir une planche qui s’adresse aussi bien à des débutants en cours qu’en location à des gens qui savent déjà relativement bien en faire.

Hervé Boucher

 

Avez-vous connu les planches BIC SUP dans l’ancienne construction thermoformée Dura-Tec qui est remplacée aujourd’hui par Tough-Tec ? Si oui, quelles différences avez-vous constaté à l’usage ?
Nous en avons pas eu dans notre centre mais j’en ai vu dans d’autres clubs et j’ai l’impression qu’ils vieillissaient moins bien. J’avais vu pas mal d’enfoncements et aussi une finition globalement moins soignée qui se dégradait aussi.

Outre la construction que l’on évoquait à l’instant, votre choix de planche s’est porté exclusivement sur le modèle Cross 10’, qu’est-ce qui vous séduit particulièrement dans ce dernier ?
On voulait absolument quelque chose de polyvalent et d’accessible pour un très large public. On souhaitait avoir une planche qui s’adresse aussi bien à des débutants en cours qu’en location à des gens qui savent déjà relativement bien en faire. C’est, je trouve un modèle particulièrement stable et rassurant. De plus, la présence de cette petite étrave formée à l’avant offre un gain de confort appréciable dans le clapot pour ceux qui rament déjà un peu.

On constate que différents loueurs ou écoles, ont parfois fait le choix de se tourner vers le gonflable pour une partie ou l’intégralité de leur flotte de planche, c’est une question qui vous a traversé l’esprit au moment de faire votre investissement ?
Le gonflable en SUP, c’est bien et on trouve aujourd’hui des produits relativement rigides et intéressants mais ça nécessite malgré tout une maintenance que l’on n’a objectivement pas le temps d’assurer en pleine saison. On n’en a jamais eu véritablement au club mais je m’étais pas mal renseigné au préalable. Je connais d’autres centres qui en ont et je vois bien qu’il faut vérifier régulièrement la pression, surveiller les accrocs, les rincer etc… Pour l’usage que l’on fait notre flotte de planche et compte tenu de notre zone, il est plus judicieux d’avoir des planches rigides que l’on a pas besoin d’entretenir réellement.

Avec l’expérience, avez-vous des remarques ou d’éventuelles critiques à formuler sur les planches Cross 10’ TOUGH TEC que vous utilisez depuis un an ?
Oh, ce n’est pas essentiel mais concernant le système d’aileron amovible qui vient se clipser sans vis sur les planches. Sur le principe c’est intéressant car c’est extrêmement pratique à enlever pour stocker facilement les planches dans un rack ou les empiler les unes sur les autres mais à l’usage ça peut poser problème, avec les débutants notamment. En effet ces derniers ont souvent tendance à s’arrêter et descendre de leur planche uniquement quand ils sont sur le sable. Malheureusement l’aileron s’accroche souvent, parfois se détache, on en a perdu quelques-uns comme ça au début. On a réglé le problème en bricolant un système de retenue avec une ficelle pour ne pas que l’aileron se perde. C’est malgré tout plutôt une bonne chose que l’aileron puisse se décrocher en cas d’impact, ça évite de casser le boitier, ce qui serait bien plus problématique à réparer !

 

 

La première chose que je remarque c’est qu’elles vieillissent très bien. Je trouve qu’elles conservent bien leurs couleurs et leur ‘’éclat blanc’’ originel.

Hervé Boucher