BIC Kids One Design - Un formidable tremplin vers le haut niveau en surf
14
nov..2018

BIC Kids One Design - Un formidable tremplin vers le haut niveau en surf

Créé il y a presque 18 ans, le circuit BIC kids One Design est devenu une véritable institution qui fédère chaque année de très nombreux jeunes surfers à travers plusieurs étapes aux quatre coins de la Bretagne. Ces compétitions monotypes originales (qui utilisent un seul type de planches BIC SURF ACE TEC 9’ ou 7’6) sont appréciées de tous et offrent une première expérience ludique de la compétition pour bon nombre de novices. Depuis leur création, elles ont vu passer de nombreux jeunes talents qui sont devenus des grands noms du surf breton et tricolore, illustrant bien son rôle de tremplin vers l’accès au haut niveau. Pour comprendre l’histoire et la singularité de ce circuit, nous sommes allés interroger ses fondateurs Ronan Chatain et Gérard Dabbadie ainsi que les surfers pros Gaspard Larsonneur et Alexis Deniel qui gardent un souvenir impérissable de ces compétitions pas comme les autres.

Premier de cette série d’interviews, celui de Ronan Chatain, ancien Longboarder professionnel, Co-Fondateur de l’ESB (Ecole de Surf de Bretagne), éducateur sportif et organisateur de compétitions à La Torche.

Salut Ronan, tu es l’instigateur principal du circuit et aujourd’hui encore, le chef d’orchestre de ce beau projet, d’où est partie cette idée de BIC Kids One Design ?
C’est très simple, le concept de monotypie existait depuis des décennies dans les différents sports nautiques et même en surf aussi où je me souviens que sur des épreuves du championnat d’Europe EPSA de Longboard ou des coupes de France, BIC Sport organisait déjà des épreuves monotypes type’’ expression session’’ en longboard avec les compétiteurs. De là est ensuite née l’idée d’un tour mondial monotype ‘’Longboard Challenge’’ organisé par la marque durant 2-3 ans et regroupant des riders pros sur des épreuves à travers le monde. J’ai eu la chance de participer à différentes étapes aux Mentawaï (Indonésie), à Rincon (Californie) et à Boca Baranca (Costa Rica). Peu de temps après, à la fin de ma carrière sportive dans les années 2000 et j’ai proposé à mon partenaire de l’époque, BIC Sport, d’organiser chez moi en Bretagne un circuit monotype pour les jeunes. J’avais envie d’ouvrir la pratique au plus grand nombre en créant ce concept de compétitions pour les kids, repartir à la base de notre sport, l’accès à la compétition et surtout la transmission de valeurs. On s’est posé bêtement la question : ‘’si on avait 14 ans, qu’est ce qui nous ferait plaisir ?’’. L’essence même de la culture surf, c’est une fois que l’on a fait ses premières glissades, on va aller découvrir le spot d’à côté, puis un spot plus loin avec ses amis, etc. L’idée était donc de donner l’opportunité aux enfants des différents spots bretons et à leur famille de se rencontrer et partager de bons moments autour du surf.

Quelles valeurs cherchais-tu à mettre en avant et dans quel état d’esprit ?
Je me souviens d’une interview du regretté Gauthier Hamon ‘’Golgoth’’ devant une caméra de France 3 Bretagne... Il disait avec son phrasé inimitable : ‘’je suis ici avec mes potes, l’enjeu c’est simplement de surfer et passer un bon dimanche à la plage avec les grands frères et les plus petits’’. Je crois qu’il a parfaitement résumé le concept ! L’idée, c’est d’impacter très positivement les enfants dont certains participent à leur première compétition. Le côté ‘’partage et échange’’ prime sur le résultat. Ca dédramatise le côté compétition qui revêt alors un côté ludique. Quel que soit le niveau, le jeu doit faire partie intégrante du surf en compétition, tout comme le respect des règles et des adversaires.

 

"J’avais envie d’ouvrir la pratique au plus grand nombre en créant ce concept de compétitions pour les kids, repartir à la base de notre sport, l’accès à la compétition et surtout la transmission de valeurs."

 

Comment se sont organisées les premières années ?
Au début, ça s’appelait le ‘’Billy Kids Tour’. L’autre partenaire avec BIC Sport, c’était la marque Bretonne Kanabeach qui nous avait fait la première affiche. Puis on est passé rapidement sur le nom BIC Kids One Design qui perdure depuis, avec le même format de circuit sur plusieurs épreuves à travers la Bretagne en conservant son esprit initial. Pour chaque étape, on s’appuie sur des responsables d’écoles du réseau ESB car les épreuves sont toujours co-organisées avec le staff local qui accueille l’événement.

Dans ce circuit, tu mets en avant le Longboard qui est ta discipline de prédilection. C’est une volonté de ta part ?
Oui, ça tombait sous le sens d’un point de vue personnel. On a en Bretagne un grand nombre de vagues qui sont très bien adaptées au longboard comme évidemment la Pointe de la Torche. Le Longboard est aujourd’hui une des spécificités de l’identité du surf Breton ces 15 dernières années. Nous avons remporté une dizaine de titres français et européens en Longboard Espoir et même la filière d’accès vers le haut niveau joue un rôle très important. Il y a certainement un lien de cause à effet dans les choix de formats du BIC Kids. Au-delà de l’aspect « résultats », ce circuit est un formidable outil de détection des talents émergents du surf breton car tous les participants ont l’opportunité de révéler leurs performances sur un longboard.

 

 

Qu’est ce qui te rend le plus fier aujourd’hui ?
En tant qu’organisateur, la meilleure des récompenses, c’est le sourire des gamins. La fraicheur de leurs réactions est tellement géniale ! Je suis content de voir qu’il règne depuis toujours un esprit très convivial sur ces compétitions avec beaucoup de camaraderie et de franche rigolade. C’est exactement ce qu’on appréciait nous même à l’époque, sur les compétitions de longboard de haut niveau et qui tend à se perdre sur beaucoup de compétitions aujourd’hui. Ce qui me rend fier et heureux, c’est de voir des jeunes surfeurs évoluer et grandir, de suivre leurs parcours divers autour du surf ou non. C’est aussi de me dire que ces moments ont impacté leur vie et que le surf a créé un fil rouge autour duquel ils ont construit leur existence. On est totalement dans la justesse de la transmission d’un certain nombre de valeurs et ça, ça me plait. En tant qu’éducateur sportif, je considère que j’ai un rôle d’accompagnateur vers le haut niveau mais je ne revendique absolument aucune ‘’propriété’’ par rapport aux performances qui reviennent naturellement aux sportifs. C’est la même chose pour les compétitions, le BIC Kids ne m’appartient pas. Il appartient au surf breton et aux gamins qui y participent, il faut bien se garder d’avoir la moindre mégalomanie sur ce sujet [rires].