Adrénaline, le blog de l'équipe parle Foil
22
nov..2017

Adrénaline, le blog de l'équipe parle Foil

« On the Ride again » croit comme Keserling que « le plus court chemin vers soi-même mène d'abord autour du monde », alors ne tardons pas ! Embarquons pour ce nouveau chapitre dans la nouvelle galaxie de la glisse, l'hydrofoil !
Késako ? Le quoi ? Et bien non, même pas ! Pas d'effet de surprise ici, ou si peu. Est-il vraiment nécessaire de présenter l'hydrofoil tellement il fait le buzz en ce moment dans le domaine de la glisse ?
Je vais quand même faire ici une brève introduction du phénomène pour mieux comprendre comment on en est arrivé là. En mécanique des fluides, un foil est une aile profilée qui se déplace dans l'eau et transmet une force de portance à son support.
Un hydroptère, du préfixe hydro- (du grec ?δωρ, eau), et du suffixe -ptère (du grec πτερ?ν, aile), est un type de bateau (ou de planche dans le cas qui nous intéresse) dont la coque (carène) s'élève et se maintient en équilibre hors de l'eau à partir d'une certaine vitesse grâce à la portance d'un ensemble d'ailes immergées, ou foils, qui fonctionnent selon le même principe qu'une aile d'avion. En supprimant la traînée de frottement de la coque, cette technique permet d'augmenter la vitesse des bateaux et des planches.

Rapide historique :

En 1861, l'Anglais Thomas Moy teste sur un canal un modèle équipé de trois surfaces portantes. En 1905, le professeur Enrico Forlanini construit un hydroptère pour tester des foils en vue d'une application aux avions. Il le teste en 1906 sur le lac Majeur (Italie du nord), atteignant 38 nœuds (70 km/h) avec un moteur de 75 chevaux. Entre 1965 et 1978, Claude Tisserand expérimente divers hydrofoils (nommés véliplanes) en baie de Saint Florent, en Corse. Une adaptation sur la coque d'un dériveur olympique 470 est chronométrée à 16 noeuds à Weymouth. La version Véliplane IV de 1976 préfigure l'engin expérimenté par Tabarly, qui donnera naissance au trimaran Paul Ricard, puis à l'Hydroptère.

Voilà pour la présentation. Laissons de côté les bateaux pour se concentrer sur l'apparition du foil dans les sports de glisse. En effet, si le foil est aujourd'hui communément utilisé en planche à voile, kite, surf ou stand up paddle, il semblerait que son apparition dans le domaine de la glisse remonte au début des années 1980 lorsque l'Allemand Niko Stickl se présente à la «Semaine de la vitesse» de Weymouth avec une planche à voile équipée d'un foil.

A Hawaii au début des années 90, les surfeurs Rush Randle et Laird Hamilton, en pleine apparition du surf tracté (tow surfing), équipent leur planche de surf d'un foil pour se faire tracter dans des vagues géantes. 20 ans plus tard, le concept se démocratise et c'est comme une traînée de poudre que le foil apparaît sous tous les supports de glisse.

Le foil a fait une apparition fracassante sur les réseaux sociaux lorsque le waterman hawaiien Kai Lenny a posté une vidéo surréaliste dans laquelle on le voit surfer une vague en foil, en sortir en pompant toujours vers le large pour attraper la vague suivante et surfer à nouveau.

A quoi ça sert, le foil ?

Le foil n'est pas juste un nouveau gadget à la mode et présente des avantages évidents. Sur les engins à voile (planche à voile et kite) il permet d'atteindre le planning (position déjaugée de la planche) avec une surface de voile presque deux fois inférieure à celle requise normalement.

Le gain de vitesse par vent léger est donc remarquable. Le gain en encombrement de matériel, surtout en planche à voile, est aussi évident. Avec à peine 10 noeuds de vent, une voile inférieure à 5m² sur une planche de 120 litres vous permet de voler sur l'eau après une courte introduction pour un pratiquant moyen

 

En kite, le foil permet de pratiquer par moins de 10 noeuds de vent avec une 10m². Le foil est donc la nouvelle arme dans le vent léger ouvrant ainsi de nouvelles sensations dans des conditions de vent qui jusque-là auraient été insuffisantes. Au-delà du gain de vitesse et de plage d'utilisation, c'est tout un univers de sensation qui s'ouvre au pratiquant avec pour première surprise l'absence totale de bruit.

En effet, en diminuant presque totalement le frottement de l'eau, le rider a la sensation de voler au-dessus des flots sans à-coup ni bruit. En Stand-Up Paddle ou en surf classique, l'utilisation du foil révolutionne complètement le concept de ce qui est surfable ou non. En exagérant à peine le trait, on peut dire qu'avec le foil, il n'y a plus vraiment de vague pourrie. On pourrait même pousser le raisonnement en disant que plus la vague est mauvaise (d'après les critères habituels : molle, petite et qui ferme) plus la session de foil est bonne !

En effet, l'énergie générée par le foil se prête parfaitement à l'exploitation de telles conditions, offrant une longueur de ride et une vitesse inimaginable auparavant dans des conditions similaires.

Emmanuel Bouvet ici en action