Peter Durham Responsable de produit BIC SUP
03
juil..2018

Peter Durham Responsable de produit BIC SUP

Depuis plus de 2 années Peter Durham est responsable de la division SUP de l’entreprise BIC sport et ne ménage pas ses efforts pour maintenir la firme tricolore parmi les plus grands acteurs du marché mondial. Toujours souriant et disponible, le sympathique néo-zélandais nous a accueillis chaleureusement dans son bureau au siège de l’entreprise à Vannes, afin de nous présenter son travail et rappeler son parcours personnel. Rencontre avec professionnel aussi impliqué que passionné.

Salut Peter, merci de nous accueillir à l’usine BIC sport, peux-tu nous raconter ton parcours et rappeler depuis combien d’années tu travailles pour l’entreprise ?

Je suis originaire de Wellington en Nouvelle Zélande où j’ai fait énormément de windsurf durant toute ma jeunesse. Je suis arrivé en France en 2001 où j’ai commencé à travailler pour Neilpryde au siège dans le Nord puis j’ai intégré la société BIC Sport en 2006. J’ai commencé à travailler sur la partie windsurf et la classe monotype O'pen BIC puis je me suis occupé de toute la partie achat c’est à dire le sourcing en Asie et je suis passé sur la division Stand Up Paddle, où je suis encore actuellement. Je travaillais avec Patrice Remoiville puis après son départ de la société au printemps 2015, j’ai pris le relais et suis donc en charge de tous les produits BIC SUP.

En quoi consiste exactement ton métier de chef de produit SUP au sein de l’entreprise ?
C’est assez large comme fonction [rires] Je m’occupe de tous les produits BIC SUP de leur conception jusqu’à leur arrivée dans notre stock et à partir de là ce sont les équipes commerciales qui prennent le relais. On pourrait distinguer 2 principaux volets dans mon job. Le premier est le développement des produits de chaque gamme, identifier les nouveaux équipements dont on a besoin, quel style de shape, quelle gamme de prix… c’est là un travail de coordination avec les acteurs du marché, les revendeurs à travers le monde, les shapeurs, les coureurs qui testent les prototypes… Je suis un peu le chef d’orchestre qui gère les actions de tout le monde. L’autre volet de mon travail est la planification de la production des différents modèles, la gestion des achats, la logistique, l’organisation des process…

 

 

N’étant pas shapeur à l’origine, comment as-tu poursuivi depuis 2 ans tout le travail de développement et conception initié par Patrice ?
En fait quand Patrice était encore là, je travaillais déjà beaucoup sur tout l’aspect planning et logistique donc ça n’a pas été un gros changement. Nous avons fait appel à un nouveau shapeur Californien Jon Henderson qui s’est chargé de dessiner des nouveaux modèles en étroite relation avec certains team riders comme Eric Terrien ou Alexis Deniel qui ont parfaitement assuré le suivi et facilité la transition après le départ de Patrice. Je m’appuie beaucoup sur leur travail sur l’eau et leurs précieux retours. Ils jouent un rôle à part entière, et même si je suis capable d’analyser différentes choses sur certains modèles de 8 à 10 pieds, je pense que c’est important de laisser intervenir les acteurs qui ont une expertise plus affinée que la mienne, surtout pour les modèles haut de gamme. Je m’occupe d’avantage d’identifier quelles tailles de planches on souhaiterait avoir et définir le cahier de charge de chacune. En schématisant, je fixe les limites et eux travaillent sur chaque détail des planches. Chacun a trouvé sa place et après 2 ans de recul je trouve que ça se passe très bien.

Si une large partie de votre production a lieu ici en France, une autre partie qui concerne le gonflable et les planches haut de gamme en carbone est basée en Asie, cela t’impose-t-il une présence régulière sur place ?
Jon passe environ 3-4 mois par an au total sur place et moi je dois y aller une fois chaque année pour voir la production et rencontrer les fournisseurs pour les planches mais aussi pour tous les accessoires BIC SUP. Je passe une autre partie de mon temps (environ 1 mois par an) aux USA car c’est sans conteste notre plus gros marché mondial, réalisant 2/3 de nos ventes en SUP. Je vais chercher les tendances sur place et essayer de bien analyser leurs besoins en termes de produits mais aussi de quantités. Je récupère un maximum d’infos auprès de nos partenaires sur place que je dois ensuite contre-balancer avec le reste du marché mondial car il ne faut oublier personne. Nous voulons proposer des produits qui correspondent à tous les profils de rideurs, pas uniquement les américains. La tendance globale tend d’ailleurs actuellement à se rééquilibrer. Le marché Américain est très particulier en ce moment, il est presque en phase de saturation tant il y a de marques et une abondance de l’offre en planches rigides. Les prix sont de plus en plus tirés vers le bas et le marché est très concurrentiel.

En terme de choix et affinités les différences entre le marché US et l’Europe sont vraiment flagrantes ?
Oui clairement les américains sont très attirés par les planches rigides, peu importe l’encombrement, il y a une culture de la planche en tant qu’objet depuis toujours à travers la culture surf. En Europe, le gonflable occupe une part bien plus importante du marché, le client va chercher d’avantage le côté fonctionnel.

Quelle est la planche BIC la plus vendue sur le marché ?
Sans hésitation il s’agit de la planche rigide All round Performer Ace Tec 10’6. C’est une planche que tout le monde peut utiliser en balade mais aussi dans les vagues car elle a de vrais rails de surf et un shape issus d’une grosse expérience de BIC dans le surf depuis de nombreuses années. Même si elle représente moins de voulume de vente, la Wing 12’6 est aussi une planche qui est sans conteste un pilier de notre gamme, une touring accessible que nous produisons depuis pas mal d’années et qui bénéficie d’une bonne réputation sur le marché.

 

 

BIC SUP évolue, on a appris en décembre dernier une collaboration avec la marque Oxbow, comment ça s’est passé ?
On travaille généralement sur des gammes de produit que l’on renouvelle tous les 2 ans et au démarrage de ce partenariat avec Oxbow arrivé assez rapidement, nous nous sommes appuyés sur des modèles qui existaient déjà dans le catalogue BIC. Pour 2018, il va y avoir des évolutions avec le développement de nouvelles planches Oxbow de race conçues par Martin Vitry et les frères Teulade mais aussi des nouvelles planches de SUP-Surf plus larges et accessibles ainsi que d’autres modèles encore d’avantage tournées vers la performance. On travaille aussi sur les pagaies.

Autre évolution, on a appris fin mai la signature d’un accord officialisant la distribution mondiale de la marque SIC, as-tu une implication dans cette nouvelle aventure ?
Oui, c’est un grand changement mais nous souhaitons bien distinguer les 2 marques et ne surtout pas changer l’âme de la marque SIC et ce qui a fait sa réputation, la qualité de sa fabrication et ses racines ‘’downwind’’ issues de ses origines Hawaïennes. Je ne serai donc pas directement impliqué dans le développement de SIC, je reste focalisé sur BIC SUP.

Derrière ton rôle dans un des grands acteurs économique de l’industrie du SUP se cache aussi un véritable passionné, comment décrirais-tu ta pratique personnelle de la discipline ?
J’ai commencé le SUP il y a pas mal d’années quand BIC a commencé à produire les premières planches ‘’Jungle’’, ça m’a tout de suite attiré car ça ouvrait des perspectives nouvelles par rapport au kayak ou au surf. On a beaucoup de chance car l’usine est à 30 minutes des vagues et ¼ d’heure d’un plan d’eau plate donc j’essaie d’être un maximum sur l’eau en SUP ou en Windsurf quand les conditions sont bien. Il peut m’arriver d’aller ramer sur l’eau plate ou m’amuser dans les vagues de Sainte Barbe à côté de Quiberon. J’aime bien aller aussi tester moi-même la plupart des produits qu’on propose, je trouve ça important de garder ce contact avec l’eau.

Quels sont les avantages et les inconvénients que tu pourrais qualifier pour ton métier ?
L’avantage et l’inconvénient principal sont les mêmes, à savoir qu’il faut être extrêmement polyvalent. On passe de la gestion des achats au développement des produits…etc. C’est passionnant d’un côté mais c’est aussi très exigeant car il faut toujours essayer d’être bon dans tout et ça peut également être frustrant parfois de ne pas avoir le temps d’approfondir un point précis, travailler longtemps à 100% sur un produit. Un aspect que j’aime bien dans mon travail pour BIC SUP est le fait de proposer du matériel généralement adapté pour le grand public qui sera rapidement capable d’exploiter toutes les spécificités. Ça serait dommage de passer autant de temps à travailler sur des planches trop spécifiques et élitistes qui ne seraient pas exploitées pleinement par les clients.

Propos receuillis et crédits photos L. Nevarez